jeudi 12 novembre 2009

Les Coquelicots

11 novembre 1918, à 11 heures du matin. Fin officielle, ou officieuse, de la Grande Guerre. On entasse quelques corps à gauche et à droite, le plomb qui n'a pas fondu dans la tête d'un soldat, orne sa poitrine. L'Allemagne est défaite, la Russie impériale n'est plus et deux Empires, l'Austro-Hongrois et Ottoman, sont désormais de l'histoire ancienne. S'ouvre alors une période de jazz et d'années folles, dominées en France par Joséphine, Maurice Chevalier, Léo Marjane...
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Mais l'être humain a toujours cette ambition de battre ses propres records, même les plus tristes. Près de vingt ans après la fin de la première devait débuter la seconde guerre mondiale. Le 19 août 1942, les alliés tentaient un premier débarquement, raté sur toute la ligne, à Dieppe. Mon grand-père faisait partie de ce régiment de Canadiens qui visitaient pour la première fois, et certains pour la dernière fois, le vieux continent. Quelques photographies à l'encre sépia, quelques croix de bois dans un champ normand, un bras ou une jambe en moins, ils ont laissé une empreinte bien sentie, encore soixante-sept ans après. Et les coquelicots? Ils poussent encore et recouvrent une terre qui s'est tant désaltérée de sang, local et étranger. Dans ces rouges pétales qui ornent nos revers de manteau, il y a un peu de Roger, un peu de Hans, un peu de Bill, un peu de Boris...

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