lundi 31 août 2009

L'auberge espagnole

Tout comme Xavier, j'ai quitté le pays natal pour l'aventure. La seule différence, c'est que je n'aurai le plaisir d'ouïr l'italien, l'allemand et le danois car, mise à part une colocataire qui est Ontarienne (pure laine?), mes colocataires seront Mexicains et Guatémaltèques. Ce sont eux qui feront de notre demeure une posada, c'est-à-dire une «auberge en espagnol». Si j'eus été unilingue, l'aventure aurait pu m'apparaître effrayante ou inespérée. Cependant, grâce à la maestria de mon professeur colombien Francisco T. et surtout dû au fait que c'est ma langue paternelle, je trouve l'opportunité au seuil de ma porte de chambre, dans la cuisine et dans le salon, c'est-à-dire celle de pratiquer. Pratiquer une langue est probablement l'instance de vérité dans son apprentissage. Dans ma tentative avouée d'être polyglotte, vocabulaire et règles grammaticales se bousculent afin d'éviter le trépas. Me souviens-je encore du datif allemand, des doubles accusatifs du grec ancien ou de l'instrumental russe ? Probablement pas. Mais je me console en me disant que l'espagnol n'a pas de déclinaisons, tout en espérant que mes colocataires ne me déclineront pas leur langue...

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