mercredi 23 décembre 2009

On prend toujours un train...ou deux.

Je suis de retour à Montréal. J'y suis arrivé le 22 décembre, en milieu d'après-midi. Une fois arrivé, je dus rapidement m'orienter vers un autre train, de banlieue celui-ci. Et une fois le billet acheté et la station Sunnybrooke entendue, je savais que j'arrivais enfin. Il fait bon d'être chez soi, de se sentir loin de la pression académique...pour les vacances du moins!

Post-Scriptum: Je sais que j'écris alors que je suis à Montréal, et non à London.

vendredi 4 décembre 2009

La démocratie, selon l'UWO

Ce lundi, il y avait une procédure afin de ré-élire le président des SOGS, Rick Telfer. Pendant que j'attendais, penaud ou peinard, afin d'enregistrer mon nom pour voter, plusieurs avaient en mains des feuilles blanches, signées. J'étais perplexe et je me disais: Flûte, il y a sûrement quelque chose que j'ai oublié! Mais voici ce que j'ignorais. On peut voter par voix (ou voie) interposée, ou par proxy, comme ils disent. Et devinez qui en distribuait à mains pleines. Et il a été réélu avec 58% du suffrage...

lundi 23 novembre 2009

Vivre sans Latendresse?

J'ai bien beau vivre à London, mais Montréal vit un peu en moi. Une de ces passions qui m'animent, ce sont les Canadiens. Car, si vous ne le saviez pas, j'apprécie le hockey. Assez pour avoir plusieurs centaines de cartes de hockey, amassées depuis ma jeunesse. Comme tout enfant des années 80, collectionneurs de cartes, je me suis amouraché des célèbres Pro-Set 1990-1991.


Pourquoi ai-je choisi particulièrement de parler de hockey dans ce billet, surtout des Canadiens, puisque London possède la plus puissante équipe de la ligue de la OHL, les London Knights? Tout simplement parce que je viens d'apprendre une nouvelle que certains prévoyaient et d'autres appréhendaient. Guillaume Latendresse, maintenant l'ancien numéro 84 des Glorieux, vient d'être échangé. Se termine ainsi une lune de miel que les partisans du gros attaquant avait entamée lors de sa première saison. Un power forward québécois, ou en quelque sorte, il avait ravivé l'espoir des jeunes et des moins jeunes, qui scandaient «Guy, guy, guy» lorsqu'il touchait à la rondelle, ovation qui était offerte autrefois à l'ancienne vedette Guy Lafleur, alors qu'il faisait vibrer la sensible corde nationale...et vocale! Désormais, sous les cieux du Minnesota, Latendresse devra prouver son potentiel. Ou devra essayer. Lorsqu'on lui demanda ses propres pensées à propos de l'échange, Latendresse s'exprima ainsi:

«Mon cerveau était déjà ailleurs»

Il va de soi qu'une telle phrase, dite par un joueur de hockey, fera jaser. Soyez honnêtes. Si je n'avais pas fait une telle introduction et que je vous avais présenté cette citation hors contexte, qu'en auriez-vous pensé? J'attends vos commentaires.

Mais vivre sans Latendresse,
On ne le pourrait pas,
Non, non, non, non?

- La tendresse, Bourvil, 1963. http://www.greatsong.net/CLIP-BOURVIL,LA-TENDRESSE,22482.html

lundi 16 novembre 2009

Choses vues...et entendues

La London Transit est en grève. Mais c'eût pu être pire, c'est-à-dire en plein milieu d'un hiver glacial. Dehors novembre, on respire encore.
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Un professeur de littérature: «It must be a short vowel, or else it would fuck up the hexameter!»
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Il y a désormais plus de distributrices de Purell que de ketchup dans les cafétérias. Attention aux étourdis!
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Récitation d'un passage en latin d'une cinquantaine de mots. Le professeur vous envoie sa lecture, enregistrée comme Mp3.
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La page Wikipédia d'Hugo Lapointe vaut vraiment le détour. Dans les deux sens possibles.

jeudi 12 novembre 2009

Les Coquelicots

11 novembre 1918, à 11 heures du matin. Fin officielle, ou officieuse, de la Grande Guerre. On entasse quelques corps à gauche et à droite, le plomb qui n'a pas fondu dans la tête d'un soldat, orne sa poitrine. L'Allemagne est défaite, la Russie impériale n'est plus et deux Empires, l'Austro-Hongrois et Ottoman, sont désormais de l'histoire ancienne. S'ouvre alors une période de jazz et d'années folles, dominées en France par Joséphine, Maurice Chevalier, Léo Marjane...
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Mais l'être humain a toujours cette ambition de battre ses propres records, même les plus tristes. Près de vingt ans après la fin de la première devait débuter la seconde guerre mondiale. Le 19 août 1942, les alliés tentaient un premier débarquement, raté sur toute la ligne, à Dieppe. Mon grand-père faisait partie de ce régiment de Canadiens qui visitaient pour la première fois, et certains pour la dernière fois, le vieux continent. Quelques photographies à l'encre sépia, quelques croix de bois dans un champ normand, un bras ou une jambe en moins, ils ont laissé une empreinte bien sentie, encore soixante-sept ans après. Et les coquelicots? Ils poussent encore et recouvrent une terre qui s'est tant désaltérée de sang, local et étranger. Dans ces rouges pétales qui ornent nos revers de manteau, il y a un peu de Roger, un peu de Hans, un peu de Bill, un peu de Boris...

jeudi 29 octobre 2009

De battre mon coeur s'est arrêté...

Ou presque. Il ne m'était jamais venu à l'idée que ce blogue pourrait servir pour afficher mon bulletin de santé. Cependant, en voici la cause, à l'annalistique.
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Le 19 octobre, un mal de gorge, à première ouïe inoffensif.
Le 23 octobre, ma voix enrouée peinait à émettre chaque son sans toux et râcle de gorge.
Las, je vais samedi le 24, à 11 heures du soir à l'urgence. Après avoir été confiné presque six heures sur un lit de fortune avec un masque et une robe d'un goût douteux, la docteure confirme...un rhume.
Aujourd'hui, le 29 octobre, je vais, exténué, à la clinique de l'Université. Résultat: Asthme chronique et signe de pneumonie. Une semaine au lit et médicaments coûteux au goût infect.
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Bilan. Deux examens de mi-session repoussés à une date future, deux cours d'Ovide ratés, trois cours d'Euripide qui le seront plus un cours sur Homère, quantité de travail en retard. Au Québec, une semaine de lecture m'aurait peut-être permis de rattraper ce retard intempestif, mais pas au pays des Oies et des citrouilles kamikazes. Vous vous demandez si je déparle ou, carrément, si je délire. Mais non. Ce seront peut-être les sujets d'un futur billet. À suivre...
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P.S. Si vous vous demandez pourquoi j'ai choisi ce titre, ce n'est pas afin de vous faire croire à ma fin imminente, ni de jouer les divas (non pas que je ne le fasse un tantinet). C'était pour faire un lien avec le film en question, qui sera projeté demain par études françaises (oui, oui, ça existe!) et que je manquerai à cause de ces déboires qui m'assaillent.

Fin?

samedi 17 octobre 2009

Et la mi-session approche...

Eh oui, London n'y fait pas exception. D'ici une semaine, la plupart des examens auront été assignés et complétés. Mon statut non plus n'y fait pas exception puisque je n'ai qu'une publication pour le mois d'octobre (comparez avec septembre). Mais il fallait que je rapporte au moins ma soirée de vendredi. Ayant été annulé au début de la session, c'est précisément à cette date, c'est-à-dire vendredi, qu'eut lieu le party inaugural. Le vin coulait à flots, des provisions de bouche s'éparpillaient ça et là et, au milieu de l'Academia (10 professeurs) étaient une poignée d'étudiants, dont seulement trois à la maîtrise. Malgré le nombre restreint, je m'amusai comme un fou à badiner avec quelques professeurs, éméchés cela va de soit (ou de soi), ma cousine Éloïse, unique francophone de naissance du groupe, et Raquel, seule hispanophone depuis sa tendre enfance du symposium. Il va sans dire que des trois langues qui n'avaient refuge que dans certaines bouches, je pus me délecter en passant d'une à l'autre, sans trop de peine.
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Nous, c'est-à-dire mes deux charmantes compagnes mentionnées ci-dessus et moi-même, dûmes partir aux petites heures du matin. La soirée avait été charmante et délicieuse et, enfin, j'ai pu m'éclater un peu...Avouez quand même que ce n'est pas tous les jours qu'on trinque avec un professeur en dehors de l'Université. Surtout lorsque c'est lui ou elle qui paye...

mercredi 7 octobre 2009

La Bourse ou la Vie

Cliché de Robin des Bois, je sais. Mais dernièrement, le remplissage de formulaires, pour obtenir quelques dollars en plus, ne laisse personne souffler une seconde ad hoc. Moi-même, accablé par ces tâches domestiques, ai-je dû peiner à l'ouvrage. Heureusement, étant secondé par une secrétaire hors pair en la personne de Mme La Forme (nom lui seyant puisqu'elle pétille d'énergie), je puis m'en sortir.
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Ici, le CRSH s'appelle SSHRC et est prononcé sherk. Pour ma part, je lui préfère la douce appellation de shark, puisque j'ai l'intime conviction d'avoir été rongé pendant ce long processus, à pleines dents. Mais bon, inutile de me lamenter plus longtemps sur ces applications puisqu'elles ont été complétées. D'ailleurs, je jongle maintenant entre du Homère, accompagné de vin et fromage, ou bien donc d'Ovide, secondé de dictionnaires et d'Internet. Le choix vous semble peut-être évident, mais 130 vers d'Ovide, ça prend du temps. Je vous laisse d'ailleurs sur un vers de ce même Ovide.
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Tu pueros somno fraudas tradisque magistris (Am.1.13.17)
Parlant de l'Aurore, Ovide lui reproche ceci : Tu prives les enfants de leur sommeil et les livre aux maîtres d'école. J'aurais très certainement pu réciter ce vers chaque matin de ma vie.

mercredi 30 septembre 2009

Choses vues

En rafale :
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Dans l'autobus : S'ouvrir, toucher le bar. Encore un coup de l'oïsiveté des employés de la London Transit et de babelfish combinés.
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Encore dans l'autobus : Une affiche montrant le profil dessiné d'une jeune femme, en bas une voiture rouge et le texte - Looking for a serious relationship? Western Driving Academy...
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J'ai reçu un premier message-texte sur mon cellulaire : Suck a dick. Notez quand même que l'orthographe a bien été respecté, quoiqu'il y eût un point à la fin de cette exhortation.
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Un professeur de latin peut porter un sweatshirt. Mais seulement quand il est chez lui.
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Skippy le kangourou, afin de le différencier de la section des kangourous, est inscrit sous la rubrique «Art» dans Wikipédia. Ça n'a rien avoir avec London mais je trouvais ça assez incongru pour le rapporter dans ce billet.

samedi 26 septembre 2009

This is Sparta!

J'étais en train de composer des questions pour le cours de civilisation ancienne auquel je suis rattaché lorsque je lisai un paragraphe traitant de Sparte à l'époque archaïque. Il y était écrit que c'était probablement la seule polis à avoir conservé le rôle de basileus, présent déjà à l'époque mycénienne (1600-1100). Ce dont toutes les autres poleis s'étaient débarassé, Sparte le conservera. Et, devant telle incongruité, je trouvai que c'était Sparte tout craché.
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Pour tous ceux qui auraient fait un lien avec un certain film hollywoodien, je les pardonne. En effet, il n'est aujourd'hui de lieu commun plus tenace hors des études classiques que d'associer la ville de Léonidas au film 300. Certes, pour certains, ce film était une montagne de clichés où l'ubermensch à la Nietzsche est à l'ordre du jour. Cependant, ce cliché semblerait déjà vieux de quelques 2500 ans, la propagande spartiate ayant donc réussi un coup d'éclat. Les Romains se demanderont plus tard si Sparte, telle que décrite, avait déjà pu exister. Le film est donc à voir au deuxième degré, car c'est toujours comme cela qu'on sépare les esprits forts des faibles, même si ce n'était pas intentionnel. D'ailleurs, y a-t-il quelqu'un qui s'est plaint du fait que les Spartiates n'étaient plus que 299 à affronter les Perses à Thermopyle lorsque leur messager est parti?

mardi 22 septembre 2009

La bande à Ovide...

...à la vidéo!
Qui, né dans les années 80, ne connaît pas ce dessin animé? Des animaux anthropomorphiques vivant sur une île et qui tentent de faire échouer les plans d'un serpent diabolique! La référence est évidemment lié à mon séjour à London puisque, Ovide, j'en lis et j'en traduis. Beaucoup. Imaginez juste ceci : Le premier livre des Amores, contenant plus de 700 vers, aurait comblé à l'UdeM, dans un cours de séminaire, une demi-session. Ici, trois cours...de deux heures chacun! D'ailleurs, j'écris cette chronique entre deux vers, et je vous en récite un :
Saepe nega noctes, capitis modo finge dolorem. (Am. 1.8.73)
La traduction? Refuse-lui toujours tes nuits, par moments, invente un mal de tête. Merci Ovide, cela fait 2000 ans que tu freines l'ardeur masculine à son meilleur.

vendredi 18 septembre 2009

You know my name, look up the number

Je me suis acheté un cellulaire. Oui, moi! Moi, qui avais juré mes Grands Dieux que l'on ne réussirait jamais à m'en vendre l'utilité. Je fais désormais parti de cette clique qui pourra interrompre un cours en disant «C'est mon téléphone» ou, mieux encore, je pourrai parler dans l'autobus de choses insipides et les autres, pauvres badauds, seront obligés d'écouter ces sornettes à cause du tout-puissant pouvoir de la technologie. Incroyable. Et tout cela parce que j'ai besoin d'être rejoint par le département de Classics. Je dois avouer que c'est le premier tourment de la vie académique que d'être rejoignable partout, même lorsqu'on ne le veut pas. La prochaine étape après le fait d'être accessible est la vie d'ermite, où l'on refuse du temps à tous pour ne se consacrer qu'à ses ouailles. Et la dernière? La folie complète.

mardi 15 septembre 2009

Et s'il n'y en a qu'un seul...

Je serai celui-là!
Lundi midi, heure de l'est, je cédai, ou plutôt je passai le flambeau à une jeune génération, plus jeune et dynamique. Certes, l'année qui s'était déroulée avait vu beaucoup d'encre virtuel s'écouler. Bisbilles entre membres et exécutif, conflit entre membres de ce même exécutif, bref, la politique...à son plus laid. Ce changement d'air donnera probablement de bons et, nettement, de plus beaux résultats; le comité exécutif s'est rajeuni d'au moins vingt ans.
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Président sortant, bilan sordide. Encore une année où peu s'est effectué. «Palabres en l'air» fut probablement un totem qui pourrait siéger à tous, ou presque. Cependant, l'arrivée au poste de président d'un membre qui, il y a à peine un an, n'en faisait pas partie, relève d'une intégration plus qu'efficace. Espérons que cela se poursuive. Enfin, je souhaite prospérité et postérité à cette nouvelle ère.
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Toutefois, mon cursus honorum ne s'arrête pas là. Si mes fonctions de président de l'association des études classiques se terminaient lundi, sachez que je viens de prendre du galon, étant devenu le représentant de Classics au SOGS (Society of Graduate Studies), aujourd'hui même, à 17h22. J'espère, en toute sincérité, me montrer digne d'une telle fonction. Car, des représentants de Classics au SOGS, il n'y en a qu'un seul...Et je suis celui-là!

vendredi 11 septembre 2009

Rentrée

Aujourd'hui, c'était ma rentrée. En fait, j'avais dit à tous et à toutes que je ne commencerais les cours que le 14. Cependant, j'ai dû assister au cours pour lequel je suis T.A. (teacher's assistant), un cours de bac pour améliorer mon grec et une rencontre avec un professeur parce que nous, les étudiants inscrits, devions choisir une date afin de reporter le premier cours. Intense. Mais l'énergie automnale, propre aux étudiants qui ne peuvent fonctionner pendant la session d'été (raisons toutes autant diverses pour expliquer la paresse, le manque de motivation, et caetera) me revient doucement et revigore mes sens. Une classe de deux cent cinquante étudiants, la plupart issue des rangs du secondaire a de quoi d'effrayant; un séminaire de quelques étudiants l'est peut-être encore plus. J'ignore encore laquelle de ces situations m'enchante le moins. Toutefois, la cordialité, bonne humeur et jovialité des professeurs, réjouissent.
Un détail cependant mérite un détour flagrant. Voire peut-être même énorme. Et ce n'est ni la taille immense du campus, ni les cours, ni même les professeurs. Ce sont les étudiantes. J'ignore si cela est coutume partout en Ontario mais il me semble n'avoir jamais autant vu de sylphides per capita. Et pas seulement celles inscrites au baccalauréat. Nenni! Après avoir participé aux camps de préparation des T.A. (voir ci-desssus), le nombre astronomique de silhouettes au galbe charmant, aux courbes plantureuses et aux lèvres exquises semblait monter en flèche de secondes en secondes. Partout des exemples réussis de Pygmalion. Et, en mon for intérieur, je remerciais les Dieux Immortels de mon hétérosexualité.

dimanche 6 septembre 2009

Beautiful Stranger

«I've always depended on the kindness of strangers» - Blanche Dubois


Il y a quelques jours, je décidai d'aller au centre d'achats. En y allant, une voisine me donne une poire provenant de son arbre. Un geste tout à fait spontané et gentil. Après la pomme de la discorde, la poire de la cordialité ? Et, en revenant dudit centre d'achats en autobus, un inconnu me propose de la gomme à mâcher. Ces Londoniens ne sont-ils pas adorables ?

jeudi 3 septembre 2009

Suburban Tango

«Le tango, je me demande pourquoi ça se danse debout!» - Sacha Guitry


Mardi soir, je décidai d'aller à un club de tango, le seul de la ville et le premier depuis le départ de «el studio tango» il y a quatre ans. En effet, la ville swingue, mais ne tangue pas. J'arrivai hélas trop tard pour la piste de danse et j'assistai au cours intermédiaire. À cette occasion, je fis comme mon incipit. En revoyant certains pas, différant de ce que j'avais appris, je dansai mentalement, donc assis. À la fin, j'allais apostropher l'élément femelle du couple de professeurs. Jeune, jolie et hongroise, autant de qualités pour rendre un homme attentif. Après notre discussion, je fis connaissance avec quelques uns des onze tangueros. C'est un petit groupe, certes, mais ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières, n'est-ce pas ? À peine faisions-nous connaissance que je recevais déjà la sympathie des membres car quitter Montréal, la quatrième ville de tango au monde, où les tanguerias foisonnent, pour un sous-sol d'église malfamée, c'est vraiment de la déchéance. Malgré cela, je m'y aventurerai encore la semaine prochaine, espérant cette fois-ci pouvoir faire preuves de mes prouesses au rythme endiablé de l'Argentine en disques compacts. Cela fait au moins une distraction plaisante que London a à m'offrir.

lundi 31 août 2009

L'auberge espagnole

Tout comme Xavier, j'ai quitté le pays natal pour l'aventure. La seule différence, c'est que je n'aurai le plaisir d'ouïr l'italien, l'allemand et le danois car, mise à part une colocataire qui est Ontarienne (pure laine?), mes colocataires seront Mexicains et Guatémaltèques. Ce sont eux qui feront de notre demeure une posada, c'est-à-dire une «auberge en espagnol». Si j'eus été unilingue, l'aventure aurait pu m'apparaître effrayante ou inespérée. Cependant, grâce à la maestria de mon professeur colombien Francisco T. et surtout dû au fait que c'est ma langue paternelle, je trouve l'opportunité au seuil de ma porte de chambre, dans la cuisine et dans le salon, c'est-à-dire celle de pratiquer. Pratiquer une langue est probablement l'instance de vérité dans son apprentissage. Dans ma tentative avouée d'être polyglotte, vocabulaire et règles grammaticales se bousculent afin d'éviter le trépas. Me souviens-je encore du datif allemand, des doubles accusatifs du grec ancien ou de l'instrumental russe ? Probablement pas. Mais je me console en me disant que l'espagnol n'a pas de déclinaisons, tout en espérant que mes colocataires ne me déclineront pas leur langue...

samedi 29 août 2009

London Life

Je n'ai pas la possibilité de m'ennuyer trop de Montréal comme vocable puisque Montréal est partout. Il y a la Bank of Montreal et mieux encore, un restaurant de viande fumée indique que c'est comme celui de la métropole québécoise et un bistrot du coin a un spécial «Montreal». De plus, les films du Blockbuster sont bilingues, la télévision présente Radio-Canada et certains panneaux ont quelques fois une traduction ou quelques mots pour faire chic : La jolie jupe, la chocolaterie Forrat, et caetera. London n'est pas allergique au français mais reste timide.



Si j'ai parlé dans un autre billet de la britannicité de la ville, elle s'en échappe par un nom, celui d'Huron. Tout ici semble porter le nom d'Huron, Huron University, Huron College, Huron Heights...À croire que les bonzes passés et présents de la Neo-Londinium ont voulu y ajouter quelque chose de typiquement canadien. Cependant, London n'a pas de représentation commerciale dans le Canada. Si un touriste peut acheter quelque objet comme souvenir de Toronto, il y aura la Tour du CN, à Ottawa le Parlement et Montréal, le Stade Olympique. À London, dénicher un souvenir est une tâche ardue. L'on vend des souvenirs portant le nom «Ontario» ou «Canada» mais jamais «London». Pourquoi? La réponse est probablement facile. Qu'est-ce qui représente London? Quelques vieilles églises? Des quartiers datant du début du siècle? La fameuse tour de l'Université? Je pense que la troisième réponse est la bonne. Ce qui représente le mieux London est son Université. Rome est ses Rois, London est ses Étudiants. Évidemment, sur 353 000 habitants, seulement une partie fréquente l'Université, et une autre bonne partie le Collège Fanshawe, sorte de rival au même niveau de ce que l'UQAM est à l'UDM. L'unanimité est loin d'être obtenue, surtout que peu de gens, selon moi, décrirait un campus universitaire comme endroit touristique par excellence. J'imagine déjà la horde de touristes japonais, Kodak et autres commodités en main, prêts à prendre des photographies de la Tour, des écureuils noirs et de quelques étudiants timorés. Seuls les étudiants en Études Est-Asiatiques en seraient les bénéficiaires.

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Parlant de bénéficiaires, mon titre de «London Life» se veut double. Je ne sais pas si vous vous rappelez les publicités que nous avions au Québec à propos de cette compagnie d'assurance, dont l'adaptation québécoise était «Liberté 55». Je vous le demande car je n'avais jamais fait le lien avec la ville. Et aujourd'hui, qu'est-ce que je vois sur une rue au hasard? Le siège social de la compagnie.

vendredi 28 août 2009

Une nouvelle identité?

Un célèbre adage va comme suit : Partir, c'est mourir un peu...Je me demande si j'en serai ou si j'en suis déjà affecté. Depuis ma plus tendre enfance, bercé entre l'Ouest et l'West (Island) de Montréal, j'ai grandi entouré d'anglophones. Cependant, même si leurs coeurs prêtaient allégeance au Canada unifié et, peut-être, à la Reine, ils pouvaient faire preuve d'un certain chauvinisme québécois (je cite pour mémoire le fait qu'il n'y ait pas assez de francophones dans le Canadien de Montréal...). Aujourd'hui, entouré d'anglophones plus que jamais, je ne ressens pas cette appartenance. Je ne peux dire «comme Québécois, nous...» mais bien «as Canadians, we...». S'agit-il peut-être d'un défaut de traduction ? Ou, qui sait, peut-être arriverais-je un jour à surmonter mes préjugés et dire «as Ontarians», mais j'imagine que cela prendra beaucoup de temps et d'efforts et d'alcool. Certes, si je suis ici, c'est parce que je profite d'une bourse d'études, et en prenant bourse, j'imagine que je suis obligé de choisir la «vie» qui va avec.
Je me suis posé la question car, malgré une vie passée au Québec, j'en suis toujours étranger. Le premier réflexe de quiconque m'aperçut (ou plutôt entendit) pour la première fois était de me demander si j'étais Français. Ou Belge. Ou Suisse. Je me demandais tour à tour si je ne semblais pas trop hautain, bêta ou incroyablement passif. Être renié de la sorte par ses compatriotes a été très dur pour le moral, et surtout pour le coeur. Comment peut-on s'établir en société lorsqu'on vous fait ressentir que vous êtes d'ailleurs ou que vous devez être d'ailleurs. Cependant, avec le temps, j'ai appris à vivre avec cela. Lorsqu'on me demandera si je suis Français, je rétorquerai «non, seulement mon accent».
J'ajoute à cela que les Ontariens ne me le demandent pas. Ils le décèlent peut-être assez bien eux-mêmes ou croient-ils encore que je sois de cette sorte hybride, les Franco-Ontariens. J'estime qu'avec une ville complètement anglophone, avec des cours en anglais et des amis anglophones, je perdrai ce que j'ai d'accent étranger en anglais. Peut-être, finalement, que l'assimilation anglaise est plus puissante que je l'avais imaginée. Sur ce, n'ayez crainte, je reste fidèle à ma belle province. Si jamais vous vous demandiez pourquoi j'avais une initiale nouvelle...

mercredi 26 août 2009

Avant-goût

Cela fait déjà quatre jours que je suis en Ontario, à London précisément. J'avais choisi de vivre cet exil volontaire en compagnie de d'autres forcenés, étudiants comme moi à l'UWO, University of Western Ontario. Plusieurs personnes qui me côtoient, familiers ou non, m'associent d'ores et déjà à cette ville, que je connais à peine et qu'eux, ne connaissent pas du tout. Y-a-t-il une raison à cela ? La réponse est résolument dans la question. London, si ce n'est pas en Angleterre, ce n'est pas London (comme le célèbre Paris, Texas). Pourtant, peut-être aurions-nous avantage à connaître cette ville qui, comme son aïeule, porte les traces britanniques les plus flagrantes. Il n'y a qu'à regarder sur une carte pour voir les noms d'Oxford et Piccadilly, la rivière Tamise et le parc Victoria. Cependant, la nourriture étant comestible, s'arrêtent là les comparaisons.

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Parlant de nourriture, étant au centre d'achats avec mes parents avant leur départ, je décidai de commettre l'imprévu. J'ai commandé une poutine. Oui, une poutine. En Ontario. Et pas dans n'importe quel restaurant, une succursale de New York Fries. International, non? Cependant, dans la sauce fade, où se noyaient quelques pauvres morceaux de soi-disant fromage, l'image du Québec était là. Elle coulait en douce au milieu d'un lac de sauce, tandis que je décidai d'aller au fond de la chose.